La transition numérique concerne autant la construction que les autres secteurs d’activité. Dans leur gestion administrative, les entreprises de construction utilisent les outils numériques mis à leur disposition, que ce soit pour les contacts avec la clientèle, pour la gestion du personnel ou pour l’accomplissement de formalités administratives. Il en va de même de la recherche de nouveaux marchés, où les opportunités de présenter ses produits et son savoir-faire au travers de sites web, de blogs ou de plateformes d’échanges ont ouvert de nouvelles perspectives aux entreprises. La numérisation des procédures d’accès aux marchés publics, qui est en cours, pousse les entreprises à s’équiper d’outils informatiques et à s’adapter aux nouvelles exigences du numérique. Ce sont en réalité toutes les relations d’une entreprise – avec les clients, les fournisseurs, les architectes et bureaux d’études, les sous-traitants et les pouvoirs publics – qui sont concernées par les TIC. Mais la transition numérique ira plus loin. Elle portera également sur l’appareil de production de l’entreprise de construction.

La révolution industrielle 4.0 est donc aussi, d’une certaine manière, une révolution de la construction 4.0. Les technologies interconnectées et l’Internet des objets sont au cœur de ce bouleversement, avec le « BIM » (Building Information Model/modeling/management) comme technologie de référence. Le BIM est avant tout une « maquette numérique », représentation virtuelle d’un ouvrage par des vues géométriques et des objets numériques. Mais il est plus que cela : c’est aussi un outil qui intègre de nombreuses informations concernant les caractéristiques techniques de ces objets (portes, fenêtres, murs, etc.) et leur relation avec d’autres objets ; c’est également – et ceci est fondamental – une nouvelle manière de faire travailler ensemble tous les partenaires à l’acte de construire, y compris tous les sous-traitants qui interviennent à un moment donné de la phase d’exécution des travaux. Cette nouvelle approche doit permettre d’éviter les saisies multiples, de réduire les sources d’erreurs et d’inefficacité, de mieux anticiper et de mieux planifier le travail sur les chantiers et de réduire ainsi sensiblement les coûts de production.